Les Accords de San Andrès

 Les négociations n'aboutissent pas et "la lucha sigue".

La demande d’autonomie est la première revendication zapatiste. Elle comprend l’autogestion politique, économique et sociale, ainsi qu’une appropriation du processus de production. Elle inclut la demande d’autogouvernement et s’appuie sur des droits ancestraux. Après deux ans d'insurection indigène, le gouvernement mexicain  tente un compromis avec les représentants de l'EZLN pour apaiser le conflit. 

 

En synthèse, une des trois conclusions de base des documents signés ce 16 février 1996 par le gouvernement fédéral et l'EZLN, stipule : "le gouvernement s'engage à mettre sur pied, avec les différents secteurs de la société et dans le contexte d'un nouveau fédéralisme, un nouveau pacte social qui modifie à la base les relations sociales, politiques, économiques et culturelles avec les peuples indigènes. Le pacte se devra d'éradiquer, dans la vie publique et au quotidien, tout ce qui pourrait conduire à une quelconque subordination, inégalité ou discrimination, et devra concrétiser les droits et les garanties inhérents, c’est à dire : droit à leur différence culturelle ; droit à l'habitat ; droit d'occupation et d'utilisation du sol conformément à l'article 169 de l'OIT ; droit à l'autogestion politique communautaire ; droit au développement de leur culture ; droit aux systèmes traditionnels de production ; droit à la gestion et à l'exécution de leurs propres projets de développement".

Mais le gouvernement d’Ernesto Zedillo fit marche-arrière au dernier moment et refusa de respecter ces accords. Le dialogue s'arrêta.

Le nouveau président du Mexique, Vicente FOX, élu en 2000 souhaite arranger les choses. Il a d'ailleurs déclaré durant sa campagne qu'il règlerait le problème du Chiapas en "un quart d'heure".

Afin de renouer le dialogue en  2001, le gouvernement Fox met en place une réforme constitutionnelle en faveur des accords. De plus, 7 des 259 positions militaires au Chiapas sont démantelées et le gouvernement ouvrit la porte des prisons à près d'une centaine d'accusés qui avaient fait l'objet de sentences ou de procès pénaux irréguliers, tous ayant un dénominateur commun : faire partie de la base sociale ou être sympathisant de l'EZLN. Mais, la rupture du contact entre le gouvernement et l'EZLN mis fin à ce processus. Les différentes instances officielles renoncèrent à poursuivre cette démarche et neuf de ces accusés se trouvent toujours en prison. 

Toutefois, cela est loin de contenter les communautés indigènes qui ne voient toujours pas la couleur des réformes. Constatant que le principal obstacle au respect des accords San Andrés n'est pas directement de l’État mexicain. En effet, le droit à la libre détermination et à l’autonomie territoriale que l’accord sanctionne va à l'inverse des projets néolibéraux d’expansion économique contenus, entre autres, dans les ententes d’intégration économique comme l’ALENA ou le Plan Puebla Panamá (PPP) qui ont inévitablement des répercussions au Mexique. La volonté des communautés autochtones de participer à la gestion de leurs ressources naturelles et de leur territoire va à l’encontre des desseins de privatisation et d’exploitation qui caractérisent les politiques néolibérales face à ces mêmes ressources et territoires. La Réforme constitutionnelle de 2001 a d’ailleurs introduit des dispositions légales liées aux exigences du PPP proposées par le même gouvernement de Fox. Il y a donc fort à parier que les acteurs qui travailleront à faire reconnaître les droits des peuples autochtones, continueront à faire face à des forces économiques colossales.

Au coeur de la mondialisation, les grandes puissances économiques sont plus fortes que les Etats, les lois du marché plus importantes que les droits ancêtraux, les riches propriétaires du Nord possèdent désormais les terres des tous premiers mexicains. L'EZLN n'est donc pas prête d'obtenir ce qu'elle demande.

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